De l’art et des Z’artistes : images… et sons !

Journal de bord

Kanaga et son équipage s’octroient une petite pause jusque début décembre. L’occasion de vous rappeler qu’à bord nous naviguons avec des équipiers de tous âges, tous univers et tous genres, et qu’il n’est pas rare que l’émulation de groupe donne la part belle à l’esprit créatif des uns et des autres.

Un petite moussaillonne est arrivée à bord avec son appareil photo et semblait très intéressée par le sujet. Alors, je ne sais plus le ou laquelle d’entre nous a suggéré : ok, défi photo, on se donne des thèmes et on présente deux photos chacun. Un jury sans pitié a été désigné, et les photographes ont pris leur mission très à coeur.
C’était aux Tuamotu, à Fakarava. Voici quelques clichés choisis qui ont résulté de ce défi, juste pour le plaisir des yeux !

Thème : CONTRASTES

Thème : DOUDOUX

Thème : EAU

Thème : PORTRAITS

Thème : VENT

Thème : OMBRE & LUMIERE

 

Voilà pour ce qui est de l’image, bravo aux photographes !

Et puis il y a celles et ceux qui embarquent avec leur baluchon, et leurs (bonnes) idées…

Chuuuut… Chloé est à bord, en pleine interview !

C’est le cas de Chloé. Chloé est une passionnée de podcasts. Elle en a toujours d’excellents à vous conseiller. Et non seulement, elle en écoute, mais surtout elle en crée, et des très sympas. Elle se promène régulièrement avec son enregistreur, posé ici et là, interview, s’intéresse, et parfois même demande à ceux qui l’entourent de prêter leurs voix pour jouer des personnages.
Ceci signifie qu’en amont, elle a une idée de ce qu’elle veut raconter, car bien entendu, il s’agit de filtrer au départ pour faciliter le montage. Ben oui, parce qu’en plus après, il faut ré-écouter tous les rushs, trier, agencer, rajouter des musiques, régler le son pour que l’on ne passe pas de 3 à 4000 décibels. Le tout juste pour notre confort d’écoute et pour partager moments de voyages, rencontres, coups de coeur. Bref, chapeau…. et merci beaucoup pour ce partage !

À écouter et diffuser sans modération !

Je vous conseille donc les épisodes de : Always Lost in the Sea – Les Pieds dans l’eau

https://anchor.fm/chlo-chanliaud/episodes/S2-E6-Sous-les-cocotiers-des-atolls-e17f40g

Dans le dernier il est entre autre question de la vie à bord d’un bateau que l’on aime bien… (au fait, la manif a porté ses fruits!!)

Et puis elle pense aussi aux petits mousses avec les Histoires du soir (les grands peuvent écouter aussi, c’est super) : https://open.spotify.com/show/2XBP6SL62Y1rudyLbR5RjG

C’est aussi tous ces beaux moments la vie à bord de Kanaga !

À suivre…

Des atolls (plats…) aux îles hautes !

Journal de bord
Pendant que sa famille fait le coprah (coco séchée), ce petit gamin s’exerce à pêcher…

Souvenez-vous, lors du dernier post de Kanaga, il était question que son équipage vaillant, heureux et motivé descende aux Australes à la rencontre des baleines à bosses… mais comme souvent en mer, il faut parfois s’adapter et… changer de cap !

Et oui, et oui, encore un requin, mais quand on aime, on ne compte pas !

Après une dernière semaine à Fakarava, le temps de profiter encore un peu de ses fonds incroyables, nous avons guetté comme prévu la fenêtre météo idéale afin de nous diriger vers le Sud, dans l’archipel des Australes. Mais de fenêtre clémente, nous n’en eûmes point… Une dépression en plein sur la route s’est installée, et l’idée de la taquiner de trop près ne nous a guère enchanté. Même pour des baleines.

C’est néanmoins vaillants, heureux et motivés que nous avons choisi de suivre les vents. Le Maramu (Sud-Est local) nous a donc porté vers l’Ouest… Lorsque nous avons franchi la passe Nord de Faka, deux baleines nous ont fait un signe de caudale, un bon présage ?

Nous avons alors entrepris de remonter un chapelet d’atolls. Prenez une carte :

Un vrai cliché !!
  • Toau, le temps de se mettre à l’abri d’un front qui nous a permis de refaire le plein d’eau douce… (aux Tuamotu, l’eau douce manque et les pluies sont bienvenues !)… et de pêcher un magnifique thon, fort apprécié par l’ensemble de l’équipage !
  • Apataki, le temps de récupérer le mouillage égaré l’an passé. Nous avons donc chargé masques, bouteilles et palmes dans notre fidèle prame pour nous rendre sur zone, et aller à la pêche à l’ancre. Mais sans mauvais jeu de mot, nous avons séché… disons que le ressac était tel que nous risquions de perdre l’annexe et son contenu cette fois-ci… bref, nous avons définitivement accepter l’idée de perdre l’ancre (et non de la jeter, un peu de sérieux !)

 

Poissons locaux (pour le gris et rouge, il n’apparaît pas dans le guide…)
  • Rangiroa, le temps de faire de magnifiques snorkelling, et de siroter un jus frais face à l’une des plus belles terrasses de Polynésie, avec la vue sur les dauphins de la passe de Tiputa qui s’adonnent à leurs acrobaties quotidiennes dans le mascaret.

 

Le tombant de Makatea
Immersion dans le grand bleu…
Certains ne manquent pas d’air… regardez-moi ce remora !!
  • Après Rangiroa, vient l’île merveilleuse et mystérieuse de Makatea… Comme à chacun de nos passages auprès de cet atoll soulevé, le temps semble s’arrêter…
    Pour cause de confinement, le débarquement y est en ce moment interdit… Ceci étant, le mouillage y est lui aussi extra-ordinaire. Le coffre sur lequel s’amarre Kanaga est au-dessus d’un tombant qui invite à plonger vers le bleu sans fin. Sur les flancs de l’île des coraux superbes, et leurs acolytes à écailles, nombreux et diversifiés… Alors que nous étions plongés dans « la bible » qui nous permet d’identifier chaque poisson local, l’une de nous ameute tout l’équipage.
    Bébé baleineau joue au hochet…

    Et juste un aperçu du dos de la maman, c’est que dès fois il est difficile de conjuguer émotion forte et prise de vue !

    On les aperçoit là, à une bonne centaine de mètre. Deux souffles ! Ni une, ni deux, nous mettons les kayaks à l’eau. On s’approche, doucement, sans bruit. Un jeune baleineau s’adonne à un exercice de percussion avec sa caudale. Le bébé est imposant… et très potelé. On s’approche, notre souffle à nous, nous le retenons. Le « petit » nage, à quelques mètres. Il est assez tard, et son dos est baigné par la lumière caractéristique de la fin de journée… Puis d’un coup, alors qu’il est parallèle à nous, une masse énorme, fend les flots à ses côtés.
    … Nous venons de faire connaissance avec la maman. Ils sondent et nous laissent à nos émotions.
    Nous les reverrons les jours suivants, d’un peu plus loin…

Il est l’heure pour Kanaga de quitter les Tuamotu, nous faisons route vers Moorea. La nuit, les constellations qui nous sont désormais familières nous servent de repères : la couronne australe, le sagittaire, le scorpion… et même la baleine, sur notre bâbord…décidément… Un spectacle dont on ne se lasse pas…

Une des montagnes qui veille sur la baie d’Opunohu… de nombreuses légendes circulent ici…

Au petit matin, Moorea se dessine, après des mois durant lesquels les cimes ne dépassaient pas les 3 m d’altitude – hormis Makatea – nous sommes éblouis par les reliefs de la belle. La baie d’Opunohu nous enveloppe de son charme. Un bel endroit pour s’accorder une pause technique, en attendant de concocter la suite du programme pour Kanaga !

A suivre !

 

Le dessous des atolls, Episode 2

Journal de bord
Oui, certes, c’est cliché mais c’est tellement beau…

Kanaga sillonne toujours la commune de Fakarava. Au programme : des cocotiers, des motu, du corail, des poissons, de l’eau cristalline… et on ne s’en lasse pas ! C’est l’occasion de parfaire nos compétences d’apnéistes avec les équipiers du moment…

Nous voilà sur la plage, faisant des exercices de respiration. Enfin, plutôt de non- respiration. Le premier qui devient rouge écarlate et tombe par terre a perdu. Nan… c’est un peu plus subtil que ça. Il paraît que tout un chacun est capable de tenir entre 2 minutes 30 et 3 minutes en apnée.

Il faut commencer par être le plus détendu possible (choisir donc de préférence une plage sans moustiques) ;
Puis quand le top est donné, on bloque tout en prenant une grande inspiration et en imaginant chaque alvéole pulmonaire remplie d’air. Puis on tient. Certaines sensations physiques relativement désagréables type spasmes du diaphragme peuvent arriver… pas de panique c’est un réflexe naturel de l’organisme. Quand on débute c’est un des signes important à écouter annonçant qu’il ne faut pas tarder à reprendre de l’air…

Sur la plage c’est simple.

Passons aux choses sérieuses…
Et on prend même le temps de faire une pose !

Sous l’eau, la règle de base est de ne pas chercher à faire d’exploit, mais bien d’être à l’écoute des sensations et de son corps…pour garder « de la marge » lors de la remontée vers la surface. Eviter de jouer les Umberto Pelizzari ou Guillaume Nery seuls, est un des autres essentiels. Trouver un co-équipier-ère pour vous rappeler qu’il est interdit de rester avec les sirènes en bas.

Parés ? Bon, on chausse les palmes, le masque, la combinaison (l’eau est plus fraîche…26 degrés en ce moment, c’est l’hiver aux Tuamotu !) et la ceinture de plomb…
La chaîne de l’ancre de Kanaga trouve alors une nouvelle vocation.

Vous vous y accrochez, et respirez tranquillement pendant 2 minutes. Vous faites un beau canard : entendez par là, une belle immersion, la tête en bas, et les palmes en haut – l’inverse fonctionne beaucoup moins bien – et vous descendez en
« décompressant », ceci pour ne pas vous faire mal aux oreilles, et en essayant de ne faire que des gestes « utiles » pour consommer le moins d’oxygène possible… Après quelques séances d’entraînement, vous serez surpris de découvrir que la vraie limite n’est pas tant la profondeur, mais celle que l’on se fixe dans la tête… Lâchez-prise, et l’expérience est juste incroyable.

L’envers de la surface vous ouvre ses portes…
… ses mystères…

Au delà d’une immersion « facile » entre 8 et 15 m, l’apnée est surtout, à bord de Kanaga, l’occasion de passer du temps à observer les poissons. Dans ce cas, 4m d’eau suffiront amplement à votre bonheur. Vous choisissez le caillou idéal, descendez, vous accrochez. Passées les premières secondes où les demoiselles et autres petites bêtes à nageoires se cacheront dans un corail branchu (acropore), elles reviendront très vite autour de vous comme si vous faisiez partie du décor (l’idée reçue de la mémoire particulièrement courte de certains poissons serait elle vraie ?). La loche marbrée (mérou local), très curieuse, se posera près de vous, vous regardera dans le masque, semblant dire « ben t’es nouveau toi? ». 

Ben…
… flûte alors !
Sole cachée !

Et puis il y a les minuscules et ceux qui se camouflent, dont on parle rarement car finalement, si on ne « s’arrête pas » on peut ne pas les voir. Le tout petit syngnathe de la famille des hippocampes, oscille comme un serpent, le poisson-flûte change de couleur, la sole est cachée… (trouvée!). Enfin, être statique sous l’eau permet aussi d’assister à des scènes interdites aux mineurs car d’un érotisme rare : les chromis se séduisent sans pudeur : « Je fais trois fois le tour de mon petit corail, je nage vite te retrouver, on se frotte les bidons et on largue les oeufs et le reste et hop, mission accomplie, j’ai fait ma part pour la survie de l’espèce…». Que d’émotions !
Enfin un requin pointe noire curieux – et peut être jaloux de se faire voler la vedette par ces mini-poissons- ne manquera pas de venir vous rappeler sa présence, en emplissant le décor de sa nage noble et parfaite.

Notez, que tout ceci a eu lieu en moins de 2 minutes. Pourtant, si occupés à comtempler les scènes de vie du corail, les secondes semblent plus longues, et on oublierait presque qu’en tant que Sapiens, on n’est pas équipé de branchies… La bonne nouvelle, c’est qu’on peut s’adonner à ce petit exercice autant de fois qu’on le veut, étonnés et éblouis de la richesse des eaux ici, et des paysages sous-marins là.

Etonnant ce qui se cache sous l’eau non ?

Nous avons encore deux semaines pour profiter de Fakarava et des atolls alentour avant de naviguer vers les Australes, et ce qui est certain, c’est que chaque immersion dans ces eaux nous rappelle à quel point leur exploration est infinie…

Voir même… teinté de magie !

À suivre !

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