Catégorie : Journal de bord

Le dessous des atolls – Episode 1

Journal de bord
Le maître nageur…

Voilà presque 15 jours que Kanaga est arrivé dans l’atoll de Fakarava. Difficile d’imaginer que cet anneau de sable fut il y a quelques millions d’années, aussi élevé que les Marquises. Nous  y retrouvons avec plaisir les eaux turquoises et leurs habitants.

Fakarava est réputée pour sa passe Sud où les plongées sont extraordinaire. Les anciens l’appelaient la passe aux 1000 requins… le documentaire récent de l’équipe des expéditions Gombessa en ont dénombré 700…

Oups… il y a du beau monde

Difficile de résister à l’envie de chausser les bouteilles pour aller voir de près ce que ce passage recèle.On s’immerge côté océan, à l’entrée de la passe. À peine à quelques mètres sous l’eau, nous les voyons. Peinards, faisant face au courant, nous ignorant superbement, semblant attendre. Les requins sont là, les uns derrière les autres, par dizaines, faisant face au courant. Telles des meutes patientes. 

Nous, on ne les a pas compté, pour longer le canyon qui leur sert de « repère »… et ce qui est certain, c’est qu’ils sont (très) nombreux ! Des pointes noires, des gris et des pointes blanches pour la plupart, quelques dormeurs. Certaines femelles sont blessées, l’amour chez les requins ne manque pas de… mordant.

Le spectacle est saisissant et la période propice : on est en pleine saison de reproduction.

Mr Requin n’est pas toujours tendre…!

Nous essayons de nous fondre le plus discrètement possible dans le chemin aquatique ouvert par notre guide, fascinés, médusés, par cette réunion peu commune et cette scène qui, contrairement aux idées reçues, dégage une grande impression de sérénité. 

Notre petite palanquée reste groupée pour que la colonne de bulles les dérange le moins possible et que nous puissions les observer au mieux. Il y en a partout autour de nous. 

Le courant rentrant de la passe nous porte doucement dans ses bras accueillants vers le lagon, aux côtés de cette population de sélaciens qui est plus nombreuse que le nombre d’habitants de la commune de Fakarava (qui compte 6 atolls…).

Si les squales volent la vedette aux autres espèces qui gravitent ici, les récifs méritent qu’on s’y attardent : coraux, labres en tous genres, poissons papillons, chirurgiens, bénitiers et beaucoup d’autres que l’on n’a pas le temps d’observer tant le regard est happé par cette planète magnifique.

Le temps passe vite et il nous faut remonter. Déjà ?! Une heure ce n’est pas si mal…

Il n’y a plus de place dans la planque !
Un nudi branche, collection printemps 2021

La zone où mouille Kanaga n’est pas en reste. Et sous la coque, il y a du beau monde aussi. Palmez quelques minutes autour des patates de coraux alentours, en apnée cette fois-ci, et assez vite, vous ne savez plus non plus où donner de la tête… bancs de perroquets, pointes noires curieux, poulpes, murènes… Vous l’aurez compris, jouer les ondins et les sirènes en ces lieux est un vrai bonheur… et je crois que nous ne sommes pas prêt d’avoir fait le tour de la question !

Le bon Zancle… ben oui on a croisé Pirate
… et encore un bénitier sans sa grenouille !

Pas étonnant que la zone soit classée réserve de biosphère par l’UNESCO. 

Ceux qui vivent et plongent ici depuis 15 ans voient certains sites se dégrader, aussi ils alertent et informent pour que l’on puisse profiter de ces lieux d’exception sans les abîmer.

Alors nous veillons à garder la palme légère et le mouillage attentif et devrions refaire un tour passe Sud lors de la prochaine pleine lune. Cette fois, ce sont les mérous qui viendront occuper le site pour se reproduire. Cette passe doit être décidément réputée pour être des plus romantiques auprès des bêtes à écailles !

Ils se rendent ici chaque année, guettés par les maîtres des lieux qui en profiteront, la nuit pour se faire un festin… comme quoi, chez les poissons comme chez les sapiens, l’histoire ne sert pas toujours de leçon !

À suivre…

Aller, on remonte… jusqu’à la prochaine immersion !

Quelques pas de danse…

Journal de bord
Danses locales à Ua Pou… pour la journée de la vahiné !

 L’un des derniers articles du blog vous embarquait à bord des Va’a. À quelques jours de notre départ des Marquises, j’ai bien envie de partager avec vous quelques pas de danse locale. Kanaga, appareillera bientôt vers les Tuamotu, où nous resterons jusqu’en août… À ceux et celles qui peuvent passer les frontières, il reste des places pour partager un bout de navigation (embarquer et naviguer) !

Revenons à la danse. La première fois que j’ai vu des Marquisiens et Marquisiennes danser, c’était un nouvel an, en 2020 (vous savez le monde d’avant…). La danse du cochon et la danse de l’oiseau étant parmi les plus connues. Les danses guerrières locales avaient pour but, m’a t-on raconté, de motiver les hommes du clan avant de partir casser la tête des voisins…Le « haka » maori (plutôt néo-zélandais) est lui destiné à effrayer l’ennemi. Les versions modernes mélangent un peu les deux… et avec les costumes, font toujours leur petit effet !

Ua huka, en 2020…

La transe dans laquelle rentre les danseurs est communicative, et cela donne envie de se parer de leurs tenues et de tatouages pour participer à la fête et sentir le mana nous envahir…

Cette année, c’est à Nuku Hiva où avec quelques équipières nous nous sommes prises au jeu. 

Le hakamanu (danse de l’oiseau marquisienne), aérien, est un subtil mélange de grâce et de légèreté, ceci jusqu’au bout des doigts. On a essayé d’imiter avec beaucoup d’application notre professeure… et il probable que la souplesse de sterne à laquelle sa chorégraphie pourrait s’apparenter, ressemble plus à celle du dodo réunionnais en ce qui nous concernait… Mais peu importe, c’est un vrai bonheur que de s’y exercer !!

La danse tahitienne (qui est différente), était encore une autre expérience. Mesdames, si certaines journées confinées vous semblent longues, vous trouverez bien quelques tutos pour tester le tamoure, et n’allez pas imaginer que c’est simple !! Sachez qu’il existe bien une quinzaine de façon différentes de bouger le couscoussier dans la danse tahitienne et que c’est sportif (désolée je n’ai pas retenu les noms donnés à chacun de ces mouvements) ! Le tout en gardant le rythme, la grâce, et le sourire…

Quand les jeunes s’exercent… avec talent !

Pour le moral, évitez d’assister au spectacle des petites jeunes de 10-12 ans qui se prêtent à l’exercice, car le nombre d’années ne semble avoir aucune influence sur la qualité de la pratique. Effectivement, elles, elles maîtrisent !! 

Il y a quelques jours sur l’île de Ua Pou, il y a eu la journée de la femme (décalée d’un mois à cause du covid, donc avec un peu de chance vous avez eu droit cette année à deux journées de la femme…). À cette occasion, toute la gente féminine de Ua Pou était conviée au village pour partager un moment festif. Superbes dans leurs robes colorées et coiffées « couronnées » de fleurs, les vahinés étaient magnifiques. L’occasion de partager quelques-uns des savoirs faire traditionnels.

Préparation du Kauku
Joueuse de Pahu
L’art du tressage…
Future troupe de Ua Pou ?

Chants, tressages de feuilles de palmes, préparation du Kauku (fruit à pain mélangé au lait coco), percussions et danses étaient au rendez-vous… et là, en tant que spectateurs, on se fait avoir ! La nonchalance et la facilité avec laquelle elles exécutent les pas, laissent à penser que c’est si aisé…

Bref, on a encore du boulot… À ceux et celles qui s’intéressent à la danse traditionnelle, les prochain mini-festival aura lieu à Fatu Hiva (normalement en décembre 2021), et le grand festival en décembre 2023 à Nuku Hiva…

Cela laisse encore un peu de temps pour s’entraîner à pratiquer…

À suivre !

Bon vent à toi Dom…

Journal de bord
Ciao Dom…

Les marins sont nomades, et croisent de nombreuses personnes. 

Certains laissent une trace indélébile et sont des repères, quasi, géographiques. Des phares bienveillants.

Lors de nos pérégrinations Caribéennes, nous faisions régulièrement escale à Carriacou, à Tyrell Bay. En rentrant dans l’antre familière, nous repérions toujours en premier SeaRose, l’atelier flottant de Dominique, qui soudait là de l’alu, et qui avait réussi à faire de son lieu insolite, un véritable lieu social où tous venaient causer, échanger des plans, se rencontrer. Avec Dom, ses cheveux ébouriffés, fidèle au poste, force tranquille et rassurante. 

A ceux et celles qui nous lisent et qui ont partagé un bout de navigation avec nous dans les eaux grenadines, vous avez sans doute passé au moins une soirée chez Dom et Geneviève, qui ne manquaient jamais de nous inviter à partager un bout de gras, « amenez votre équipage! », et tous revenaient le coeur rempli des échanges avec ces deux là.

Dom, une des dernières fois où nous t’avions vu, tu nous avais crié depuis ton atelier « la prochaine fois je ne veux plus vous voir avec Leenan Head ! », nous t’avions écouté et nous étions venu te présenter Kanaga avant de franchir la porte du Pacifique, l’occasion de nouveaux beaux moments partagés avec toi, Geneviève et la clique de Carriacou…

Les eaux où tu navigues désormais nous sont inaccessibles, mais c’est sûr que lors de notre prochain passage, car on revient toujours à Tyrell Bay, tu nous manqueras.

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