Journal de bord
Fakarava aux couleurs arc-en-ciel

Jamais Kanaga n’avait fait une si longue escale qu’à Fakarava : nous y avons passé un peu plus de quatre mois. Puis, il a fallu se décider à mettre les voiles vers le sud, avant de trop s’attacher à ce bout de mer et de ne prendre racine… L’occasion de faire un dernier passage à Makatea. Autre coin de Polynésie qui restera gravé dans nos mémoires…

Au mouillage dans le turquoise…

Quatre mois au milieu des motu, des cocotiers, du lagon et des requins… On pourrait imaginer que la carte postale, malgré sa superbe pourrait être lassante. Mais il n’en est rien. En surface on se perd des heures dans la contemplation des bleus dont se pare le lagon… Sous l’eau, vous l’aurez compris, c’est tout simplement magique, les passes offrent une diversité incroyable, et s’immerger librement, avec juste un masque, une paire de palmes et les yeux grands ouverts donne la sensation d’être accepté, le temps d’une plongée, par tous ces êtres fascinants qui peuplent les fonds… N’ayons pas peur des mots, l’expérience est quasi… mystique !

Le labyrinthe formé côté large par les « feo » à Rangiroa…
Un dernier coucher de soleil dans les atolls…

Si la terre est étroite et peu présente dans les atolls, elle mérite tout de même que l’on s’y attarde… la traversée d’un motu depuis le calme du lagon jusqu’à l’agitation du large (quelques centaines de mètres tout au plus), rappelle au promeneur que l’on marche sur une minuscule plate-forme corallienne où l’eau douce est plus rare que les cocos… Pourtant ils sont quelques 800 personnes à vivre ici, toute l’année. Il faut du temps pour rencontrer et connaître les Puamotu (habitants des Tuamotu), mais si notre longue escale restera un très beau souvenir c’est aussi grâce à ceux avec qui nous avons pu échanger et partager…

Miaou…katea

Le « phare » de Fakarava s’éloignant, nous avons donc regardé vers le Sud. L’escale à Makatea était obligée. Comme à chacun de nos passages, nos amis sur place nous on réservé un accueil extra-ordinaire. Cette fois-ci nous avons arpenter l’île pour une randonnée « familiale », finalement ..heu… assez sportive ! L’idée étant de rejoindre le point culminant de l’atoll soulevé, en jouant les équilibristes entre les creux (de 2 à 20 m de fond) résultants de l’exploitation passée du phosphate… Ne pas s’y aventurer sans guide ! La vue de la-haut est surprenante, le panorama s’ouvre sur une île recouverte de végétation, seule une antenne trahie la présence humaine…

Le phosphate de Makatea peut se trouver sous la forme de 5 couleurs différentes… et est un formidable engrais pour les faa pu
Vue sur la côte de Momou
Un bain de verdure depuis le point culminant de l’île…

Alors, quand le débat toujours actuel d’une éventuelle ré-exploitation du phosphate, est évoqué, devant une telle beauté des lieux, on ne peut que comprendre ceux qui sont farouchement contre.
D’autant que les projets chez nos amis de Makatea ne manquent pas ! Produire des légumes pour une partie des atolls alentour (qui n’ont pas une bonne terre), développer l’eco-tourisme à travers les randonnées et l’escalade : c’est aussi des possibilités d’emplois durables pour les jeunes et la garantie pour la soixantaine d’habitants qui occupent les lieux de ne pas courir le risque de voir leur île de nouveau soumise à l’emprise d’un projet dont ils redoutent les conséquences… Il faut dire que l’Histoire leur donne raison… l’exemple de Nauru est assez parlant…

Extrait du Tome 6 des « Vieux fourneaux » par Lupano et Cauuet… A découvrir !

Une dernière accolade à Fifi… qui me propose même de venir y vivre quelques mois… mais il nous faut déjà quitter Makatea, nous sommes attendus dans les îles sous le vent. Les marins reprennent la mer…

Un petit poulpe de Makatea…
…Ici la magie opère aussi sous l’eau…

Cette île restera pour moi exceptionnelle, et j’ai le coeur serré en lui disant adieu ! Les au-revoir sont un peu adoucis par la présence à bord de Kanaga de Tehai, l’institutrice du village qui cherchait un voilier pour aller sur Papeete (pas de goélettes ces dernières semaines…). A travers elle et le récit passionnant de ses cinq années d’enseignement dans la petite école de dix élèves, nous avons l’impression d’être encore un peu là bas…

Teahupoo ? Non… Raiatea !

Retour à « la ville » avec une courte escale à Papeete, puis nous rejoignons Raiatea, accompagnés par une superbe houle, au loin Bora-Bora se dessine, comme une de ses légendes contée et re-contée, qui tout à coup prend forme et devient réalité…

À suivre !

 

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Entre motu et montagnes
  • Bonjour Chers Scribe, autres Membres équipage & Joli Kanaga.

    Merci pour ces chouettes partages, d’images & de textes.

    On perçoit presque le chant de l’Eau et du Vent, avec les fragrances qu’il répand.

    Recevez les Vœux de Belle Mer, Bon Vent & les Amitiés d’un inconnu.

    De l’autre côté de la Rue…

    Sur la Pacha Mama, dans les Belles montagnes de l’Aude.

    Bien à Vous
    Fodil

  • Superbe odyssée que le voyage de Kanaga. Hervé, Laetitia sans oublier votre « petite Licorne » vous avez fait découvrir des paysages enchanteurs et vous avez donné du bonheur à tous vos équipiers de passage. Par la qualité de votre accueil, votre expérience de navigation, vos récits palpitants, pour toujours vous resterez dans le cœur des amis de Kanaga.
    A bientôt pour une autre AVENTURE sous d’autres latitudes.
    Christian

  • Bel œil, belle plume, et toujours ce regard sensible avec en plus de très bonnes références de lecture.
    Merci Lætitia et Hervé

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