Après trois semaines de traversée immobile…

Journal de bord
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Une frégate…qui se masque…

Kanaga est ancré depuis bientôt 3 semaines à Taipivaï, à Nuku Hiva où nous avons fait le choix de nous confiner dans une baie « tranquille » – car sans wifi – partageant ainsi la baie du contrôleur avec deux autres voiliers. Une durée d’escale que l’on s’offre rarement, plus enclins à naviguer d’un mouillage à l’autre. Pourtant, difficile de se lasser du spectacle… 

Nous voici dans le même état d’esprit que celui des grandes traversées – avec plus de confort – observant chaque détail, et vivant chaque nouvel évènement qui donne vie au paysage comme une fête.

Hormis les rares jours de pluie où la surface se charge d’une eau douce auquel s’ajoute celle drainée par les rivières, nous assistons quotidiennement au même scénario.

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Sale temps pour les bêtes à écailles !

Des bancs de carangues juvéniles et sortes d’anchois locaux évoluent autour du bateau, suivis de près par des bandes de mulets – poissons assez ridicules à la surface car ils semblent tenter de reprendre leur souffle en permanence en croquant quelques animalcules, mais finalement élégants quand ils se souviennent qu’ils sont faits pour vivre sous l’eau. De temps en temps, un aileron de pointe noire se dresse au milieu de ces gloutons, semant la panique dans la foule, et sûrement en en en gobant un ou deux, pour l’exemple et asseoir son pouvoir de squale tout puissant.

Pendant ce temps, les juvéniles évoqués ci-dessus, en plein festin de plancton, voient aussi leurs effectifs diminuer : les frégates fendent les airs et, bien que malhabiles à la pêche, trouvent toujours un ou deux retardataires à se mettre sous le bec.

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Chorégraphie de notre charmante voisine…

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Puis feignants une certaine indifférence face à toute cette agitation, apparaissent alors les Mantas pourtant elles aussi friandes et dépendantes de quelques copépodes ou autres zooplanctons… Nous les voyons arriver de loin, jusqu’à quasi venir toucher la coque de Kanaga.

Trois hypothèses :
– soit elles se sont habituées à notre présence ;
– soit nous avons mouillé au milieu de leur restaurant ;
– soit elles se délectent de toute la faune qui commence à s’installer confortablement sous la ligne de flottaison  – crustacés et algues diverses et variées y élisent domicile avec joie pour un concept connu des voiliers : le récit artificiel flottant.

Chacune de leurs apparitions, parades et sauts nous procurent le même enthousiasme et la même…sérénité, oui je crois que c’est le mot juste.

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Les alentours…

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Baignade…

Puis, viennent les quelques escapades choisies pour un avitaillement minimum en frais, en eau potable. Ici celle-ci est disponible sur la plage, ce qui est idéal pour nous, d’autant que les allers-retours avec les bidons remplis permettent de garder une certaine forme physique !

Au loin quelques chevaux observent notre manège, s’adonnant à quelques baignades rafraîchissantes.

Quant à l’épicerie locale, ses stocks diminuent quelque peu car le bateau de fret – l’Aranui-  a décalé sa tournée d’une dizaine de jours, mais il y a encore de quoi et ses tenanciers généreux offrent les fruits de leur jardin à leurs clients !

…Ajouté aux possibilités de récoltes sauvages de cocos, pamplemousses, mangues, citrons et fruits à pain, on est guère étonné qu’il y a quelques siècles, certains étrangers aient rêvé de s’installer sur ces terres…

Donc tout va bien à bord, et on espère qu’il en est de même pour vous et que vous tenez bon la barre en cette étrange période…

À suivre…

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  • C oque accueillante
    O nirique moment
    N id flottant
    F éeriques instants
    I mmobilité sereine
    N avigation intérieure
    E merveillement quotidien
    M arquises rêvées
    E ternel renouvellement
    N uages et ciels lumineux
    T raversée spirituelle

    Vivement la quille !
    Emmita et l’équipage des bernicles d’Arpoador

  • Comment appelle-t-on ces mots doux venu d’un lieu dont on se demande s’il est vraiment vrai ….de la poésie indubitablement échappée du jardin d’Eden
    Christian

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