Introduction aux Marquises

Journal de bord
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Rencontre avec une manta…

Elles sont là. Des masses sombres qui s’envolent, oui qui s’envolent vers nous, jusqu’à nous frôler, se cabrent, laissant apparaître une face blanche et tachetée… pour un peu elles nous feraient un clin d’oeil. 

Des raies mantas. Une légende polynésienne dit qu’elles colportent les histoires qu’elles captent depuis les fonds des mers… Tendons l’oreille donc…

Nuku Hiva

Certains ont mis 37 jours de mer pour y arriver. D’autres, 26 heures d’avion qui se terminent par le survol des atolls des Tuamotus. Quelques heures plus tard, on atteint les Marquises.

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La baie du contrôleur à Nuku Hiva…

On ne peut pas être plus éloigné d’un continent qu’ici – environ 6000km à la ronde ! Pourtant, en empruntant la route qui mène à Taiohae on est vite impressionné par les variétés d’arbres, fleurs, fruitiers qui habillent les montagnes le long des routes sinueuses. Certaines de ces graines ont parcouru des milliers de milles pour s’établir ici, d’autres ont été apportées par l’homme et s’y plaisent.

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Les arbres croulent sous les fruits…ici les mangues !

Les arbres croulent sous le poids des mangues, pamplemousses, fruits à pain – « uru » en marquisien. Jardin d’Eden ? Nous ne saurions dire, mais ça y ressemble. Les locaux ne sont pas moins impressionnants. Barraqués, grands et tatoués !

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Marquisien…et tiki !

Imaginez alors ces hommes en tenues traditionnelles faire une démonstration de Haka, sur les rythmes martelés par des tambours grands comme eux…p our avoir vécu l’expérience, vous en oubliez que vous êtes en 2020, dans un village Marquisien d’aujourd’hui où cela fait bien longtemps que les casse-têtes ne sont plus utilisés. Alors que ces hommes sont encore essoufflés de leur performance, les filles du village arrivent, non moins superbes, parées de tapa (pagnes traditionnels tissés avec l’écorce de l’arbre à pain), et de plumes d’oiseaux, dansant et chantant amenant de la douceur contrastant avec la puissance guerrière de l’instant d’avant….

Mais réveillons-nous, nous sommes bien au XXIème siècle, et hormis les tatouages, la journée tout le monde reprend sa tenue « classique »… Quoique celui-ci là bas, qui est sur son cheval à cru, tatoué sur tout le torse et le visage semble tout droit sorti de « Taïpi », oeuvre de Melville écrite suite à un séjour de quelques mois à Nuku Hiva…

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Tatouage sur fond de Yukulélé 

Nous retrouvons quelques navigateurs, croisés au Panama, contents d’être arrivés ici, eux aussi.  Et nous nous imprégnons peu à peu de l’atmosphère locale… Nous commençons à rencontrer les gens qui vivent là, comme cette petite gamine de 11 ans, qui à Hoomi nous a donné un véritable cours de botanique, avec les termes marquisiens, dans le texte. Chaque arbre, chaque fruit, chaque fleur et chaque usage… la flore ne semblait déjà plus avoir aucun secret pour elle !

 

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Des filets de thon rouge…
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…qui ravissent petits à claquettes et bêtes à ailerons

Ces pêcheurs qui partagent le thon rouge frais avec les requins, ces ados qui grimpent en haut du manguier pour nous offrir quelques fruits, cette dame qui nous accueille à bras ouverts et cite Brel, ou encore ce bonhomme qui semble garder jalousement la baie de rêve où il a élu domicile -et dont nous tairons le nom- qui est amoureux de son pays et semble choisir ceux à qui il le raconte…

Ua Pou

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Arrivée à Ua Pou

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Des pitons crèvent le ciel, l’île est majestueuse et impressionnante. Kanaga se cache dans une baie bien abritée, au pied d’un rocher qui semble tenir en équilibre… Depuis combien de temps est-il là? On estime à 6 millions d’années l’âge de ces îles volcaniques… Au matin, un banc d’une vingtaine de dauphins à long becs vient. Ils chassent, rabattent des petits bancs de poissons. Et acceptent sans problème que nous partagions la piscine… Une nouvelle rencontre subaquatique d’exception. Leurs sifflements envahissent la baie, n’en déplaise aux anchois, nous sommes ravis de cette visite ! Nous croisons des pêcheurs qui utilisent leur vaa’, pirogue à balancier traditionnel, motorisée ici. Alors que le soleil fusionne avec l’horizon…le vaa’ passe…nous sommes dans une carte postale.

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Des voisins charmants !
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Vaa au soleil couchant…

Tahuata

Il nous aura fallu attendre la bonne fenêtre de vent pour filer vers le sud-est. Petite digression : à qui souhaiterait comprendre comment fonctionne les vents en bateau, c’est très simple, ils viennent généralement de là où vous voulez aller, comme s’ils souhaitaient vous empêcher d’avancer, histoire de passer le temps. Bref, le temps passant, ils finissent par être cléments.

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Une diva…

Après 24 petites heures, nous arrivons donc à Tahuata, dans le sud de l’archipel des Marquises, au regard de la géologie locale les îles du sud sont les plus jeunes. Là aussi, les pics escarpés laissent deviner la forte activité volcanique qu’ont connu les lieux. Nous trouvons une baie avec plage de sable blanc, cocotiers et eaux claires. Encore une fois, la zone est poissonneuse… et voilà que les Zancles, Chirurgiens, Papillons et autres poissons multicolores se voient encore subtiliser la vedette par des Mantas. Nous chaussons des bouteilles de plongée…et elles se laissent approchées d’encore plus près. Avec leur manière de se mouvoir, si élégante, si aérienne, elles semblent être des divas qui tendent la nageoire pour continuer à nous guider dans ces îles que nous commençons tout juste à découvrir…

À suivre…

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2020… aux Marquises!
  • Au cœur de l’hiver jurassien où la neige c’est (enfin) à nouveau invitée cette poésie marquisienne est un éblouissement … merci … en espérant un jour faire un bout de route sur kanaga
    Belle journee

  • Quels merveilleux récits !
    J’ai hâte, à mon tour, de découvrir les Marquises….en vrai.
    Patience, ça approche !
    Henri

  • Salut Laetitia, c’est Benjamin de l’agence des aires marines à Brest, ça fait une paye!
    Je t’ai vu samedi au ciné de Plougastel dans le syndrome du bernard l’hermite… et me voila ici.
    Si tu repasses à Hiva Hoa tu feras une bise à Ludo le véto de ma part!
    Bon vent,
    Benjamin.

  • Idyllique…..dommage pour la distance mais …..l’isolement a permis de conserver toute
    l’originalité et l’authenticité….
    Quel plaisir d’y « vivre » avec Kanaga !!! On s’y croit’…..

    • De pure beauté… son nom lui suffit, Les Marquises, invite à faire rêver.
      Aujourd’hui, au Mozambique, j’ai aussi croisé ma 1ère Manta… Waouh! Incroyable, inimaginable… Encore

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