Prélude Atlantique

Journal de bord
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En bas, tout en bas, Kanaga attend le top départ au Mouillage de Tarrafal, à Sao Antao…

L’équipage du Kanaga profite de ses dernières heures d’escale sur la plus verte des îles du Cap Vert : Sao Antao. Plus que quelques heures avant le départ en transat, la première du bateau – et d’une partie des matelots et matelotes.

NDLR : Ici, au bout du bout du Cap Vert, en raison  d’une connexion internet plus difficile, la scribe vous demandera de faire travailler votre imagination, les photos choisissant pour la plupart de prendre leur temps sur cette superbe île au lieu de naviguer sur le web…

Nous avons quitté nos musiciennes-enquêtrices – et notre plume normande- à Mindelo, sur l’île de Sao Vicente. Elles vont passer quelques semaines de plus dans l’archipel à la recherche des femmes instrumentistes. Le challenge semble de taille, car si au moindre détour de rue, des mélodies de morna, funana et battuque se font entendre, il est vrai que ce sont toujours des hommes qui grattent ou percussionnent !

La tenancière d’une boutique de musique de Mindelo à la question « Vous connaissez des femmes musiciennes ? » est restée… sans voix – le comble ! Mais, en traînant un peu plus dans les rues et clubs locaux, on leur a parlé d’une femme qui ferait de la guitare dans les parages. Ah ! il doit bien en exister quelques-unes. Céline et Marion poursuivent donc leurs investigations, accordéon et saxophone sous le bras. Kanaga continuera a soutenir ce beau projet puisque les filles embarqueront de nouveau à notre bord pour une « tournée-musicale-improvisée » en janvier, de la Guadeloupe à la Martinique.

Revenons à bord. Les nouveaux arrivants trouvent leur marques et nous profitons d’une ultime escale à Sao Antao. L’accueil au village de Tarrafal est magique, on est trimballé de gargotes en gargotes pour rencontrer une partie du village. La moussaillone de 9 mois a un véritable pouvoir d’attraction auprès des locaux et se retrouve parfois dans les bras de quelques capverdiens et capverdiennes. L’occasion d’engager la discussion et de vivre de jolis moments d’échanges. Certains se laissent tenter par le « grogue » , rhum local. Celui de Sao Antao serait le meilleur…La musique reste présente, on rencontre Simon, guitariste ambidextre fan de Bonga, musicien angolais. Jouer de la guitare, c’est déjà quelque chose, mais jouer des deux mains, alors là, bravo ! Après quelques semaines où les débarquements étaient teintés de villages aux maisons colorées et de paysages lunaires, ici, la verdure des terrasses et des vallées contraste. De quoi se ressourcer avant la traversée de la grande bleue.

Ah…La traversée. Comme souvent, pour certains c’est une grande première et un rêve. Quasiment un Mythe. Un Graal. Un Everest. Un Stradivarius. La transat. Ce temps de mer suspendu entre deux îles. L’un des équipier me confiait qu’il attendait avec impatience de se retrouver dans cet espace où l’on oublie la date du jour, la position sur la carte et que plus rien ne compte sinon l’instant qui flotte. Ah…encore un artiste.
Pour d’autres, c’est un grand moment de bleu, avec de potentiels problèmes techniques, rupture de stock de café, ou périodes de pétole – chacun ses angoisses. Heureusement ces rabats-joie rodés à l’exercice se chargeront de veiller eux à la position de Kanaga sur la carte, sinon c’est un coup à se retrouver en Ouzbékistan en moins de deux.

Nous voici donc tous parés. Carnets de note près à encrer toutes les émotions et ressentis pour les uns, avitaillement, check technique pour les autres. Nous avons environ 2200 milles à parcourir pour rallier Tobago ou la Martinique, le temps de traversée décidera de l’île d’arrivée…Les alizés calmes pour le moment nous porteront vers l’Amérique centrale…

…Et ne le répétez à personne, mais même les plus mer-amer d’entre nous restent émerveillés du rythme offert par la perspective de la traversée d’un océan à la voile. Un rythme lent, palpable à l’échelle humaine qui rappelle que nous sommes bien petits sur cette grande planète océan…

Alors c’est parti ! Kanaga met le cap vers l’Amérique pour la première fois de son histoire…

A suivre…

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  • Un coin de notre tête vous accompagne !! Le monde à besoin de rêve……Bon vent au Kanaga et à son équipage pour cette nouvelle belle aventure!

  • Décidément…la musique est toujours source d’inspiration pour le scribe. Pendant ce temps, à terre j’ai lu en une soirée les tribulations du Leenan Head du même auteur-scribe- et les belles illustrations…Avec autant d’humour! Alors comme ça vous visez l’Amérique Centrale? Quelle sera votre objectif d’escale?
    Pendant ce temps, à Quimper (et plus exactement à Pluguffan) les Armadillos ont vécu la première de l’intermède marionnettique la « loi de l’oie »..-d’après Jean Cagnard.(extrait:
    (…)-Il y avait du sable au bord de ta mer?
    – oui.
    -Alors, pourquoi ton corps n’est-il pas un château?
    -Il y a un homme qui peint au bord de la mer.
    -Tant mieux pour lui
    -J’étais dans ses pinceaux
    -Première nouvelle
    -Les pinceaux, ça voyage dans l’eau, comme les bateaux…(…)
    Hasta la proxima

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